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Évaluer les changements apportés au Programme des aides familiaux résidants du Canada : sécurité accrue ou précarité aggravée?
À l’aide de sondages et de groupes de discussion menés auprès de Philippines arrivées comme aides familiales dans le cadre du Programme des aides familiaux résidants (PAFR) et ayant par la suite obtenu la résidence permanente au Canada, nous avons recueilli des données quantitatives et qualitatives sur l’expérience d’anciennes aides familiales après leur passage du statut de travailleuse étrangère temporaire à celui de résidente permanente, puis de citoyenne canadienne. L’étude visait à
- Les aides familiales étaient très scolarisées et présentaient des parcours de formation très variés.
- Environ la moitié des aides familiales ont suivi des cours au Canada. Le programme d’études le plus courant était celui de préposé aux services de soutien à la personne (PSSP). La plupart de celles qui ont entrepris un programme de formation l’ont mené à terme.
- La plupart des aides familiales ont quitté le travail d’aide familiale au fil du temps, mais 90 % demeurent cantonnées dans quelques catégories professionnelles peu spécialisées, même après dix ans ou plus au Canada.
Nos données de groupes de discussion ont fait ressortir plusieurs thèmes pertinents :
- Il existait un important déséquilibre de pouvoir entre les aides familiales et les employeurs, et bon nombre d’aides familiales ont déclaré avoir subi de la maltraitance et de l’exploitation.
- Beaucoup ont éprouvé des difficultés d’intégration au marché du travail après le PAFR, en raison de la stigmatisation perçue du travail d’aide familiale et de la discrimination.
- Un sentiment d’obligation et des liens affectifs envers les personnes dont elles prenaient soin ont souvent empêché les aides familiales de changer d’emploi ou d’entreprendre d’autres formations.
- Parmi les autres obstacles au perfectionnement scolaire figuraient les contraintes financières et de temps.
- Les aides familiales ressentaient une pression immense en tant que seul soutien financier de leur famille, avant comme après l’arrivée de celle-ci au Canada, ce qui limitait leur capacité d’investir dans leurs propres aspirations professionnelles.
À partir de nos données, nous formulons plusieurs recommandations clés, pertinentes dans le contexte des modifications législatives apportées au programme des aides familiaux :
- Accorder aux aides familiales des permis de travail ouverts qui ne sont pas liés à leur employeur.
- Éliminer les quotas limitant le nombre d’aides familiales pouvant obtenir la résidence permanente.
- Accorder à toutes les aides familiales le statut de résident permanent dès leur arrivée.